La solitude c'est le souvenir des désirs comblés, c'est le manque de ce qui a été tellement meilleur, c'est le mépris de soit même pour avoir tout perdu, c'est le besoin inconditionnel d'autre chose, c'est le fait d'être là mais de ne pas comprendre pourquoi.
Ma solitude c'est la décadence qui suit la perte, c'est l'envie de frôler la mort, de pousser les limites, d'aller toujours plus loin et de laisser choisir les autres.
Et après ma solitude, c'est la colère contre les autres et contre moi, la colère de n'avoir su garder ce qui me rendait si heureuse, ce qui faisait que je respirais sans me forcer, que je dansais sans cesse, que je souriais à tout le monde, que je chantais sous la douche, que je riais à gorge déployé et pour un rien.
Ma solitude m'enferme dans une bulle, me condamne à ne plus rien aimer, à perdre le goût de tout ce qui pouvait me procurer du plaisir. Ma solitude me dicte une conduite marginale, ne me laisse plus faire les bons choix. Et moi, je ne suis que spectatrice de ma propre destruction. Ma solitude m'empêche d'être trop consciente, et au fond c'est tellement plus facile : pas de conscience, pas de morale, rien. Juste ma solitude.
Ma solitude me dit que j'ai besoin d'alcool, de sexe, de drogue, de colère, de l'arme, de sang. Ma solitude n'a pas de nom et les porte tous pourtant. Celui de mon père, de mon ex, de mes ex, des morts, des absents, de ceux qui n'ont jamais été là, et même de ceux qui sont toujours là mais qui sont passifs. De tout.
Ma solitude rit, elle me dit que je ne mérite rien. Elle me dit d'arrêter d'espèrer. Elle me dit d'être jalouse, de mépriser le bonheur des autres, de pleurer ce que je n'ai pas, de rêver de ce que j'ai eu et que j'ai gâché.
Ma solitude prend toute la place,
Elle sert mon c½ur,
Ma solitude brise la glace,
Elle exclue tout bonheur,
Ma solitude n'est pas une farce,
Elle me fait dire des horreurs,
Ma solitude me regarde en face,
Et m'apprend comment on meure.
Ma solitude m'apprend à ne plus espérer, à dénigrer, à ne surtout pas oublier ce qui fait mal. Elle me fait aimer tout ce qui est mauvais, à l'apprécier pour mieux en souffrir après. Ma solitude est arrivée un soir où j'ai attendu mais où personne n'est venu... Ma solitude ne repartira pas, parce qu'elle est bien trop heureuse d'avoir prit la place de ceux que j'aimais, et elle est bien trop contente de ne plus laisser personne prendre sa place, de préserver ma peine pour mieux s'en nourrir.
Ma solitude exagère, mais sans ma solitude j'aurais déjà oublié les trahisons, les mensonges, les peurs, les insultes. Sans ma solitude, j'aurais oublié que j'ai toujours fais les mauvais choix, et surtout, j'aurais oublié que je ne m'aimais pas.
Merci ma solitude.
12 juillet 2008